27 September 2016

90-90-90: Commencer par l’échec? Se diriger vers l’échec?

De tous les messages qui circulent dans le monde à propose du VIH dans ce temps d’optimisme extrême, nul n’est aussi reconnaissable ni attaché à la cascade des soins que l’objectif 90-90-90 d’ici 2020, tel qu’énoncé par l’ONUSIDA et adopté par plusieurs, dont notre gouvernement fédéral. Il y a beaucoup à admirer dans ce message, mais il mérite une analyse pour identifier ses forces et ses faiblesses.

Un rappel pour ceux et celles qui pourraient être moins familiers avec les objectifs 90-90-90 : 90% des personnes vivant avec le VIH seraient dépistées; de ce nombre, 90% seraient sous traitement; et des personnes traitées, 90% auraient une charge virale indétectable.

Regardons le premier 90 : le dépistage. N’y a-t’il pas un 90 qui devrait venir avant ça? La prévention, peut-être? Ou est-ce qu’on laisse tomber la prévention pour suivre le chemin purement médical, se contentant de trouver et traiter les infectés au lieu de prévenir ces infections? Le 90 à ajouter serait que 90% des personnes aient un accès à l’ensemble des outils et services de prévention, ou 90% de la population de vivrait pas une privation au niveau des déterminants sociaux de la santé.

Retournons au dépistage. Cette années, les estimations de l’Agence de la Santé publique du Canada indiquent que 21% des personnes vivant avec le VIH ignoreraient leur statut, un chiffre plus bas pour certaines populations et plus élevé pour d’autres. C’est un grand écart à réduire au cours des quatre prochaines années. Nous aurons à regarder ailleurs dans le monde pour trouver des approches efficaces et les adopter si nous voulons y arriver.

Nous devons aussi examiner des barrières au dépistage que nous semblons accepter sans question. Si un homme gai actif sexuellement suit les consignes de la santé publique et se fait dépister aux trois mois, il va presque certainement avoir des problèmes à contracter une assurance vie, même si l’ensemble de ses tests reviennent négatifs. Si une personne ignore son statut, elle n’est pas responsable au criminel de ne pas le divulguer…et elle est probablement plus infectieuse aussi, plus apte à transmettre le VIH. Voilà deux choses que nous pouvions changer si nous voulions vraiment rendre le dépistage plus intéressant pour les personnes que nous essayons rejoindre.

Le deuxième 90 : le traitement. Dans le passé, j’étais résistant au message que tout le monde devrait prendre un traitement antirétroviral tout de suite, et je continue à insister que la personne traitée doit absolument donner son consentement libre et éclairé au traitement. La preuve des bénéfices pour la santé de la personne traitée (au-delà des questions de prévention de la transmission) sont maintenant claires et je les accepte. J’insiste toujours sur le consentement éclairé, mais l’éclairage comprend les informations concernant les bénéfices pour la santé de la personne.

Quelles sont les barrières ici? Je vous lance le défi de déménager entre provinces. Nous avons dix différentes façons de distribuer des médicaments, encore plus si on compte les territoires et les multiples formulaires gérés par le gouvernement fédéral. La solution se trouve indéniablement dans la négociation d’une meilleure entente pour faciliter la mobilité de la population, ce qui n’est pas nécessairement un seul système « national » à travers le pays. (Notons que « national » veut dire autre chose au Québec qu’ailleurs au Canada.) Un autre aspect qui mérite notre attention : les coûts à assumer pour les patients, non seulement pour les antirétroviraux, mais pour l’ensemble des autres médicaments que prennent la plupart des PVVIH que je connais. Comme personne employée à temps plein, je suis prêt à contribuer aux coûts, mais il est clair que nous avons besoin d’une meilleure adaptation des frais par niveau de revenus.

Le troisième 90 : charge virale indétectable. Avec tous les choix de médicaments que nous avons dans notre pays, il n’y a aucune raison de ne pas pouvoir trouver une combinaison qui va fonctionner avec des effets secondaires minimes et un horaire de dosage adapté aux réalités de la personne. Mais il y en a plus. Nous faisons l’effort d’arriver à indétectable et à y rester, mais les bénéfices qui en découlent? Nous savons que les personnes dont la charge virale est indétectable ne transmettent pas le VIH, alors que la Cour suprême nous dit que ça prend plus que ça pour ne pas être poursuivis pour la non-divulgation aux partenaires. Nous subissons aussi la stigmatisation et la discrimination par ceux et celles qui ignorent et qui ne fassent pas d’effort d’apprendre la signifiance d’une charge virale indétectable. Ces choses doivent changer.

Mon titre suggère aussi que nous pouvons être alignés vers un échec, et je crois que ça mérite une explication. Nous sommes à un moment propice pour l’élimination du sida (la maladie du VIH en stade avancée avec ses conséquences associés pour la santé) et ensuite, éventuellement, du VIH. Mais qu’est-ce qu’on fait pour prendre avantage de cette opportunité? Très peu. Peu de nouveaux investissements. Une conférence international pour renflouer le Fonds mondial dont l’objectif a été établi en fonction du réalisable et non pas en fonction des vrais besoins pour arriver aux objectifs 90-90-90 et les suivants : 95-95-95 d’ici 2030.

Un mot sur l’objectif de « zéro discrimination » ajouté comme réflexe plutôt que réflexion à la fin. Oui, il est important d’éliminer la discrimination et nous n’avancerons pas sans le faire. Mais cet objectif est devenu banal : tut le monde est contre la discrimination, mais personne n’agit de manière proactive pour l’attaquer et l’éliminer.

Somme tout, je suis à 100% en faveur de cette stratégie 90-90-90, mais avec l’ajout d’un 90 (et ensuite un 95) concernant la prévention et des vraies actions pour éliminer la discrimination. Nous n’arriverons pas si nous n’y investissons pas les ressources nécessaires. Nous n’y arriverons non plus si nous ne sommes pas engagés dans le travail de faire descendre toutes les barrières à la réussite.


22 May 2016

Lillies and Accolades

What a beautiful way to end the 2015-2016 season at the Opéra de Montréal. Michel Marc Bouchard’s Les Feluettes, originally a play read for the first time in the mid-1980s, produced as a film (Lilies) in 1996 and now a very moving opera. The author himself is the librettist, with music by composer Kevin March.

If you’re unfamiliar with the story, let me summarize in my own way (i.e. poorly). The piece opens with a Bishop arriving in a prison to hear the confession of a prisoner who has requested his presence explicitly. This won’t be a confession like any other. The two share a history from the same Québec town and the prisoner, with the other inmates, has a story to tell in the form of a play. The Bishop is obliged to stay and watch.


It’s the story of two young men in love (above, in their roles in a play about St. Sebatian), a third who is bitter about his exclusion, a father violently rejecting his son and compelling his marriage to a nastily pretentious Parisienne. Before Simon (Etienne Dupuis) and his new bride leave Roberval for Paris (frustrated in any case by the jealous Bilodeau — yes, the future Bishop — setting fire to the hot air balloon that will transport them part of the way), he goes to Vallier (Jean-Michel Richer) to wish him a happy birthday (and good-bye) and the two end up confessing their love for each other. Vallier’s despairing mother (the cause is her estranged husband, not her son) enlists Vallier’s aid in killing herself and Simon and Vallier wake up in each other’s arms the next day. Bilodeau has arranged the couple’s escape, but is spurned by Simon (he asked Simon for a kiss), and thrown out. Simon and Villiers make a pact to die together in a fire, but Bilodeau saves Simon and deliberately leaves Vallier to die, thinking that Simon will forever think of him (Bilodeau), be it with love or with hatred. The Bishop rises from his chair and confesses his role in saving Simon and leaving Vallier to die, at which point the prisoners, who have been playing all the parts of the play, draw their knives and surround him. Spoiler alert! Is it not always better to leave someone stewing forever in his own self-disappointment than giving him the sweet swift exit of death?

You might want to see the opera, the movie or the play if you want to catch the story in all its subtleties.

So how was my opera experience? As I began this post, I said it was a beautiful way to end the season and it most certainly was. When we entered the Salle Wilfrid Pelletier at Place des Arts, the first surprise was visible: the orchestra up on the stage at the back, behind the prison bars of the set. How delightful to see them (my seats are parterre, so I have rarely been able to see the orchestra during the performance). The set itself was spare and adaptable, with many panels of prison bars that could move around as needed, and then small bits of furniture that the players (perhaps the chorus?) could move about as needed. Some really innovative use of flashlights in the beginning, and the Opéra de Montréal continues to deploy its multimedia skills very expertly. A sheet obscures the orchestra, but serves for the projection of the image of the school, the idea of flames, a vague forest. Sometimes clear, sometimes figurative, always effective. Brought to earth, the sheet continues as a barren ground, a shared bed, the flames of the fateful fire…and when it disappears, it is like a CGI effect, swift and clean. Amazing multiple use of a simple object. There was real fire, too — a lighter, but a couple of other fire effects that made me wonder how they were achieved, as well as how they were controlled! The string holding the balloon was like a fuse at one point, while at another, Simon seemed to have fire coming from both his hands.


Another little note about the staging, in particular the scene in which Simon’s father punishes him for the kiss he has heard about (above). Total drama, and very effective at communicating that sort of homophobic punishment that was likely all too common in the deeply religious, deeply traditional family of the past. Well, we hope it is the past here, if not everywhere in the world. Such a perverted expression of control rather than love, but it was depicted very effectively indeed on stage.

Music? Oh yes, the music was lovely. I was a little worried about how the story might lend itself to being sung, but when it was over, I really had no doubts left. After some really toughing duets and choral numbers backing them up, I’m almost left wondering how the story can be told without them. There is nothing like an entwined duet between lovers to really paint the picture of their emotions. I’ve been a fan of Etienne Dupuis for some time, but now I am equally sold on Jean-Michel Richer. They sang beautifully together and beautifully apart as well. And I wouldn’t be fulfilling expectations of me as a gay man if my heart hadn’t fluttered at the duet in the bathtub with a naked Vallier and a shirtless Simon. Beyond the thrill of the costuming, it was really all about the singing and the haunting words of that poem set to music that returns many times during the opera. A little bonus on the occasion of the engagement party for Simon and Lydie-Anne, with some traditional Québécois music and an excellent clogging performance by Félix Monette-Dubeau. A taste of the music:



The costumes were very inventive. The Bishop looked real in his outfit, and the prisoners playing the many roles in the play wore costumes made of elements that prisoners might have available to them — grey wool socks piled as fancy hats, blankets and prison garb gathered into bustles and frills. I’m pretty sure that the conductor of the orchestra was also wearing a prison outfit, complete with number on the back, which is just as clever as it is unexpected. Oh, and I would be remiss if I didn’t chortle at the vicious comment by Lydie-Anne to Vallier’s mother (paraphrasing): what a beautiful dress, it’s so rare to find any examples that style still being worn. Ouch! Believe me, there were more reasons to not shed any tears for her being left by Simon, first for Vallier and then, presumably, for prison. I don’t think I would be voluntarily putting myself in any social situation with her anytime soon.



It’s a moving story adapted lovingly and expertly to the operatic stage. And like the author says at the end of the video above, I am very glad to say that, for this world première, I was there for the first performance. Don’t miss the chance to see it.

Opéra de Montréal — 24th, 26th, 28th May 2016
Pacific Opera Victoria — 20th, 22nd, 28th, 30th April 2017

21 April 2016

La manif aussi soulignait un changement de paradigme

Nous parlons beaucoup du changement de paradigme en lien avec la lutte contre le VIH/sida. Ce changement se trouve dans le déploiement des antirétroviraux (ARV) et leur impact sur la transmission, soit en contrôle de charge virale, soit en prophylaxie pré-exposition (PrEP). Si tous les pays semblent être d'accord sur le déploiement des ARV en traitement, des défis restent pour l'accessibilité des la PrEP. Et cela vaut une manifestation à la session d'ouverture de la conférence AFRAVIH2016 à Bruxeles.

« PrEP PrEP PrEP, PrEP maintenant; PrEP PrEP PrEP, PrEP partout »

Ce slogan, scandé par des dizaines de militants et militantes qui montaient sur scène, a résonné comme des slogans d'autrefois, mais avec des différences qui méritent d'être soulignées.

Au début de cette lutte, nous étions en état d'urgence partout. Aucun traitement efficace identifié, de nombreux gouvernements négligeant ou même refusant d'agir. Dans ce contexte, notre militance était aussi sauvage que la situation : imposition de notre présence, gestes gênantes pour ceux qui avaient le pouvoir sur nos vies, autant médecins que décideurs. Qui n'a pas des souvenirs d'actions de simulations de mort dans la rue et devant les décideurs? Lors d'une conférence internationale à Montréal, les militants lançaient des condoms à l’archevêque catholique qui prêchait contre l'utilisation de cet outil incontournable à l'époque où on n'avait rien d'autre. La montée sur scène n'était pas accueillie, mais décriée. Des médecins et autre scientifiques ont affirmé ne pas avoir d'intérêt à assister à des futures conférences si les militants prenaient autant de place.

Le 20 avril 2016, tout une autre réaction.

Oui, il y avait les employés du centre de congrès qui exerçaient leur pouvoir sur les lieux : affiches enlevées, avertissements concernant le contrôle des ballons d'hélium portant le message PrEP. Si c'était ces employés qui avaient le contrôle sur ce qui se passait, la manif n'aurait peut-être pas eu lieu.

Mais ce n'est pas les employés d'un centre de congrès qui ont le mot final sur ce qui se passe à une conférence sur le VIH/sida. Après nos débuts dérangeants pour plusieurs, nous sommes devenus des alliés des scientifiques et des médecins traitants, et eux, ils sont devenus à leur tour nos alliés. Nous avons appris à travailler plus en concertation, nous pour exiger de l'action officielle, eux pour fournir les bases scientifiques de meilleures décisions. Souvent aussi la différentiation nous/eux ne se tient pas : des médecins font partie des militants, des militants deviennent chercheurs.

Pas de surprise, donc, qu'on a trouvé un accueil plus intéressant en 2016 qu'en début de l'épidémie. Toute un section de sièges réservés pour les militants et militantes qui allaient prendre la scène sur un signal prédéterminé, des applaudissements de la salle et une reprise du message par le maître des cérémonies. Loin d'être des intrus, nous étions plus que bienvenues.

Pas de surprise non plus que les militants et militantes ne sont pas arrivés en cachette, mais portant fièrement les chandails de cette action concertée, des pancartes en main. Nous nous sommes installés dans la section réservé pour nous et nous avons attendu le signal à la fin de la dernière présentation — présentation d'une des nôtres — pour se lever en « prendre » la scène, sans résistance.

Maturation ou instrumentalisation?

Le contraste des manifs des années 1980 et 1990 et celle de cette semaine est dramatique. On peut se demander si nos tactiques ont évoluées en fonction de la maturité de notre mouvement, ou des leçons apprises dans la maximisation de notre impact sur des résultats ou bien si nous nous soumettons à un certain contrôle des nos actions pour ne pas trop déranger ceux qui contrôlent les leviers du pouvoir.

Le test de notre capacité de s'indigner se trouvera dans nos réactions à la lenteur des certains gouvernements et le refus d'autres à rendre disponible l'outil indispensable de prévention qu'est la PrEP partout et maintenant, comme nous le demandons. Sommes-nous toujours capables d'actions dérangeantes?

09 February 2016

Nouveau…toujours meilleur?


(An English version of this article is published on PositiveLite.com)

Chaque fois que je vois les gens s’exprimer en superlatifs, je sais que ce que je vais lire va être bourré de simplification excessive et d’enthousiasme mal placée. Parfois la phrase me mène de mes lectures sur Facebook vers une liste sans fin qui est presque sans exception décevante plutôt que révolutionnaire, et même pas divertissante. Quand ça arrive dans le domaine du VIH, cette préférence pour tout ce qui est nouveau en rejetant tout ce qui est venu avant n’est pas très utile.

Soyons clairs que je suis aussi enthousiaste que tout le monde pour la PPrE (PrEP pour les anglophiles) et pour la preuve qu’une charge virale indétectable élimine pour toute fin pratique la transmission du VIH. En fait, je pense qu’il s’agit des meilleures nouvelles depuis l’arrivée des traitements efficaces dans les années 1990. Ce n’est pas, par contre, une raison de tasser toutes les autres stratégies et tous les autres outils pour tout le monde tout le temps.

La première chose qui m’a provoqué à cet égard semblait commencer assez doucement il y a quelques mois. J’ai assisté une pièce de théâtre écrite par un groupe d’étudiants sur l’histoire d’un organisme VIH après une série d’entrevues de personnes qui y étaient impliquées. Les thèmes étaient très familiers — l’horreur des années 1980, l’espoir de l’arrivée des traitements, l’importance à ce jour d’un environnement accueillant et le soutien des pairs — mais la suite m’a bouleversé. Une des personnages sur scène a traité la stratégie condom comme étant « une vieille approche basée sur la peur ». Quoi?

Je réaffirme mon ouverture d’esprit pour la PPrE et sa place parmi nos multiples stratégies et outils, mais n’oublions pas l’aspect multiple : la PPrE s’ajoute à notre boîte à outils, elle ne prend pas la place de toutes les autres approches. Je comprends aussi que pour plusieurs le condom n’a jamais été une stratégie très aimée, même quand la seule autre option était l’abstinence, mais peur? Vraiment? Comment expliquer les nombreux hommes gais et bisexuels qui déploient la stratégie condom, souvent dans leurs vies sexuelles autant prolifiques que joyeuses, et qui demeurent séronégatifs après toutes ces années? Notons que ces hommes ne semblent pas très craintifs non plus.

Mais mon colère et ses causes n’arrêtent pas là. Non, une autre histoire incroyable m’attendait sur le site anglophone de Radio-Canada, où on parlait de l’éclosion du VIH dans le sud rural de l’état d’Indiana. Ils sont aux prises avec un grand nombre de nouveau cas de VIH reliés à l’utilisation de drogues par injection et la solution de leurs autorités de santé publique étaient de faire venir les gens du Centre d’Excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique pour les conseiller sur comment partir un programme de traitement comme prévention afin de réduire les taux de transmission.

Pour mieux comprendre une réaction négative de ma part face à cette nouvelle, il faut savoir que ce même état a interdit l’échange de seringues et que repenser cette mauvaise décision de manière globale et durable ne figurait pas dans leur réponse à leur crise de VIH. Il ne figurait pas dans le reportage du CBC non plus! Indiana a remis temporairement quelques services d’échange de seringues, mais ils ont mis tous leurs œufs dans le panier des traitements comme prévention.

Blâmons pas les gens de la Colombie-Britannique — leur stratégie a toujours été assez compréhensive et mes objections à l’approche de traiter précocement ont évaporés devant la preuve des bénéfices d’un traitement plus tôt pour la personne traitée. Non, le cible de ma colère doit être les responsables d’Indiana et leurs maîtres politiques qui ont découvert le traitement comme prévention et ne voient rien d’autre.

Bref, ces nouvelles approches ne sont pas tout ce qu’il y a. Elles sont, par contre, des magnifiques ajouts à ce qui fonctionnait déjà.

28 December 2015

The Courage to Become Yourself

It has been so very long since I did a short film review that I thought now might be the time. I’m highly focused on the whole cinematic experience (ambiance, pre-show trivia, etc.) beyond just the film or the performances, but I do this only to try to be entertaining. Maybe a little political, too, and most certainly shallow about some other aspects.

Step aside Caitlyn. The character in this film, Lili Elbe, is presented as a true pioneer in the trans experience. What starts as a single evening lark for a portrait artist and her husband, a landscape artist, in 1920s Denmark ends up exposing something deeper that has been going on for a lot longer than Gerda realizes. Her husband is gradually lost in the transformation into Lili, who was always inside him, and the exploration for medical assistance leads through all sorts of scary psychological elements to someone on the cutting edge (if you’ll pardon the pun) of new surgical interventions to help Lili to feel like she identifies with her body and the disguise of the accident of her birth in male form is shed.


Eddie Redmayne does an excellent portrayal of Einar and Lili. Swedish actress Alicia Vikander as Einar’s wife Gerda probably has the most emotionally challenging part to play, the spouse who is left behind by the transformation, even as she remains as lovingly present aa she is allowed to be.


A couple of smaller roles took my breath away as well, for much shallower reasons. Ben Whishaw seems to be in everything I am watching — including my dreams! — like the TV series London Spy, the latest Bond film Spectre and two more films on my list to see, Suffragette and In the Heart of the Sea. If he runs out of film and television projects, that space is still open in my dreams. In this film, he plays Henrik, a homosexual (say that with your best accent, emphasizing the “s” and the “x”) who sees Lili on her first night out (the lark) and is interested in the man beneath the dress. Let’s put him over in the “friend” column.


Equally dreamy is Matthias Schoenaerts as Hans. I saw him a couple of years ago (oh dear, almost three!) in De rouille et d’os and gushed about his brutish beauty in that film here. In The Danish Girl, he is Einar/Lili’s childhood friend and crush, author of a kiss that was not so much forgotten as filed away for future reference. He is refined and unflappable and seems most ready to step up for Gerda, should she show any inclination toward that, while remaining caring and supportive of Lili. Good thing I have plenty of dream space available. We’ll chalk him up as “next”.


I thought overall it was a sensitive exploration of the topic with the limitations of the time period. Like most movies, we are seeing people who don’t have a lot of cares about finances, which kind of sets them apart from the rest of us. Social challenges are so much easier to confront when you are not also trying to scratch out a meagre existence, but can dash off a few new paintings to sell to support your lifestyle and your travel, not to mention your surgery. Gerda could have had more space for her part of the story, but it was fascinating to watch Lili, sometimes as Einar and sometimes as herself, learning to move like the women around her and trying (unsuccessfully) not to be too obvious about it.

The cinema experience was interesting, too. When I got there for an early afternoon screening on a Sunday during this holiday period, the place was teeming with high-energy children. It was a good thing I had chosen to see a film that came with a warning screen on the ticket-buying machine (“Are you sure you want to see this movie…it’s not for children!”), as not one of those children was present in the room where my choice was projected.

There were also no danishes, so I’m glad I found the film itself satisfying.

22 December 2015

18th AIDSiversary


Now my diagnosis is old enough to order a drink in a bar.

It’s a funny thing, remembering that moment that really changed my perception of a lot of things in my life. It was the beginning of the “cautionary tale” that I tell when sharing my life experience with others — don’t wait as long as I did to get tested, it will make your life more difficult.

But there are other elements that stick with me, most of which I have written about before:

  • The horrible sensation of suffocating with pneumonia, especially venturing into the cold.
  • My doctor sending me to the emergency with a note that I read on the way (kind of took the edge off the news).
  • My friend Doug coming to get me and going back into the cold to get my prescription filled.
  • The bronchoscopy and the night in a hospital bed with oxygen recovering the strength to go home.
  • My friend Maychai taking me home that second time, leaving me with a lovely dinner of holiday leftovers.
  • The short call with my parents (I still couldn’t breathe well) with an easy disclosure because of how positively they had reacted to my coming out many years earlier.
  • The daily phone calls I got through the holidays from the immune deficiency doctor checking on my pneumonia recovery.
  • The easy consent to the HIV test when I already knew what the result would be.
  • The secondary shock of the first CD4+ count (it was 4).
Those little snapshots of a crazy time that changed my life. I think about them anew each year at this time. How about some updates?
  • Not being able to breathe remains one of the things that scares me the most, so I’m very proactive about protecting myself from respiratory illnesses (vaccines, baby!).
  • My doctor has now retired and I am seeing another doctor. I’m left, however, with a lasting appreciation of my doctor’s respecting my stupid decisions along the way to not be tested for HIV, even as he gently pushed me to. That respect gave me the confidence that is so very necessary in a doctor-patient relationship.
  • We lost Doug in 2014 and I miss him every day. I do go through cycles of seeing different friends more or less often over time, but I will always appreciate the easy comfort I feel with them, and the sense that I can count on help when I need it. A solid circle of friends is so precious.
  • I remember the nurse who found me a bed in the hospital the night after my bronchoscopy when I was too weak and oxygen-deprived to go home and take care of myself. He was doing his job, but doing it well and with compassion, and I will always appreciate that.
  • More friends. Maychai was my colleague and continues to be my friend. I don’t see her enough, but I always have a lovely time when I do.
  • The unreservedly positive reaction I got from my parents to my coming out as gay was so important to me. After years of anguish and fear of rejection, I got their loving support and I knew 16 years later that my HIV diagnosis was not something I had to hide from them either. I don’t have Mum anymore, but I have Dad and I enjoy talking to him every week and visiting him, though less often than I should.
  • So many of our encounters with the medical system can seem devoid of actual human feeling — they are understaffed and overwhelmed — that it is always a refreshing surprise to be on the receiving end of someone going out of his or her way to check up on you. That almost everyone has a story about that one health care provider (or more) who went the extra distance and provided a touch of humanity in a time of distress is so much truer an indication of the humanity that is there every day.
  • When you’re ready for something, it’s always easier. I spent quite a number of years resisting taking an HIV test because I feared it would be positive and didn’t know if I could handle it, even with the solid support network I had and continue to have. You can really do anything with support and a crisis like the one I lived 18 years ago really underlines that for me.
  • I still have a low CD4+ count. It isn’t 4, but more like 260, still lower than it ought to be and low enough for me to be able to cling to a bit of my personal pessimism. But beyond the odd cold that lasts longer than it should and a couple of bouts of gastro-intestinal problems after travel to exotic places I have been pretty healthy this whole time and never had to stop working.
I know that some in my community will balk at my use of “AIDS” as opposed to HIV, but I have that badge (had my AIDS-defining illness), so choke on it, kids! I use it for the shock value, for the recognition it gets among the less-informed. I also use it knowing that its meaning has changed: AIDS used to be a prognosis, and not a good one; now it is a diagnosis and while that is also not good, it is entirely possible to leave it behind and find your health.

And just to do that thing that drives me crazy when uttered without explanation: getting HIV has had some positive impacts in my life, if you’ll pardon the pun, but impacts that you can also get without the HIV, but with a little introspection and reconsideration of values.

Happy AIDSiversary to me!

21 November 2015

Space and Time (and Fate)


Lest Carly Simon write a song about me, let me first say that I already know that this whole thing is NOT about me. Very aware of that.

As it happens, I was in Paris a week before the recent attacks and ate at a restaurant with friends just down the street from one of the attacks. In fact, we finished dinner and walked right past the café Cosa Nostra at about the same time as the attack took place, but we were there a week earlier.

Just something to mull over in my head.